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FAIRE APPEL À UN TRADUCTEUR JURIDIQUE

 MODE D’EMPLOI


Par Robert Devreux, Phrasing*
(article paru dans Réseaux du droit, avril 2006)

Le  métier de  traducteur juridique reste mystérieux et trop souvent méconnu. Pour obtenir une traduction juridique satisfaisante, les juristes doivent savoir d’une part, choisir le traducteur adapté aux travaux et d’autre part, travailler effficacement avec lui. Pour cela, il est conseillé de suivre ces 7 règles de base :


1. Connaître son traducteur
Toute traduction de qualité est faite par un homme. Cet homme, il faut le connaître et le comprendre, avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses.

2. Choisir un traducteur juridique spécialiste du domaine
Tout comme l’avocat, le traducteur pourra rarement embrasser tous les domaines du droit. Rares sont ceux qui peuvent, en effet, traduire, avec une égale compétence et un même bonheur, des études complexes de droit des télécommunications ou les pièces d’un dossier de droit pénal des affaires. Pour réaliser un travail qui ne soit pas purement littéral, et qui se réduirait à un vérita- ble charabia formé d’un assemblage de termes traduits servilement et mis bout à bout, il est nécessaire d’aller au-delà des mots pour saisir, dans le texte original,  les notions et les faits qui y sont exprimés, afin de les rendre ensuite dans la langue cible, comme le ferait un juriste parlant dans sa langue maternelle. Une véritable traduction constituant la reconstruction d’un texte, il est important de s’assurer de l’expérience acqui- se par le traducteur dans le domaine où on envisage de faire appel à lui.

3. Vérifier l’étendue des connaissances linguistiques
Pour traduire un texte juridique, il n’est pas suffisant de maîtriser la  langue cible et la langue source. Il faut aussi connaître, dans ces deux  langues, le style et les usages qui prévalent, pour le document considéré. Serait ainsi bien téméraire celui qui se hasarderait à traduire dans une langue étrangère un arrêt de cassation alors qu’il prend, pour la première fois, connaissance d’une décision rendue par notre cour suprême. De même, celui qui traduit sans difficulté des conditions générales de vente sera parfois bien en peine de trouver, dans sa langue maternelle, les mots qui sauront restituer la richesse d’une savante étude de doctrine.

4. Connaître la structure du prestataire de services
Il faut savoir que la profession de traducteur juridique compte trois types d’intervenants :
• le traducteur individuel
• le cabinet, où les travaux sont réalisés en interne par une équipe
• la société ou l’agence de traduction, faisant appel à des traducteurs sous-traitants.
Le traducteur individuel ou le cabinet ont l’avantage de permettre un contact direct entre client et le traducteur.Quant à la société de traduction, si elle présente l’intérêt de prendre en charge des projets de grande ampleur en de nombreuses langues ou encore d’assurer des servicessupplémentaires comme la mise en page, elle a aussi l’inconvénient de s’interposerentre le client et le prestataire, appauvrissant ainsi la communication.

5. Se renseigner sur les conditions d’exécution du travail
Pour les travaux urgents, certains intervenants n’hésitent pas à offrir des délais de réalisation inouïs (cent pages en un jour, voire plus). Il sera rare en pareil cas que le travail soit réalisé par un seul et même traducteur ou même par une équipe homogène. Si, à l’extrême, la réalisation doit être morcelée, il convient de veiller à ce  que la traduction soit au moins harmonisée par un relecteur avant d’être livrée, cette solution ne constituant toutefois qu’un pis aller.

6. Créer un dialogue direct avec le traducteur
Pour pouvoir réaliser un travail de qualité, il faut une connaissance complète du dossier, du client, du contexte et de la destination du document à traduire. On ne traduit pas, en effet, de la même façon un projet de contrat et une convention destinée à être versée aux débats dans le cadre d’une procédure contentieuse. Une transmission large d’informations ne pose aucune difficulté, le traducteur étant soumis, comme l’avocat, à une obligation de confidentialité. En cas de recours à un prestataire faisant appel  à la sous-traitance, il conviendra aussi de s’assurer que celui-ci a fait signer à ses prestataires de services les indispensables engagements de confidentialité.

7. Relire attentivement les traductions reçues
C’est en relisant attentivement le texte qui lui a été remis que le client engagera avec son traducteur un véritable dialogue, gage d’amélioration permanente de la qualité. Mis en en confiance, prestataire et client deviendront des partenaires plus actifs, le traducteur pouvant ainsi déceler des ambiguïtés ou des erreurs dans l’original du document à traduire. Un traducteur compétent ne manquera jamais de poser des questions pertinentes sur le document qui lui a été confié.

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* Cabinet de traduction spécialisé, en  traductions anglais français et français anglais, en droit des sociétés, droit commercial, droit de la propriété intellectuelle, droit de la distribution et de la concurrence, droit bancaire et boursier, du droit fiscal international et droit de l’audiovisuel.




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